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Plant Fu : l’art et la discipline de planter des arbres pour gagner sa vie

Sep 27
24 min read

Updated: Oct 14



Bienvenue dans le monde du reboisement d’arbres, toi, la recrue toute neuve ! Peu importe ce qui t’a amené ici, j’espère que ça marchera pour toi. Être une recrue, c’est vraiment difficile : tu n’as aucun point de départ, tu pars de zéro. Et même si, au fond, le reboisement c’est très simple — mettre des arbres là où il n’y en a pas — il y a beaucoup à apprendre. J’essaie donc de rassembler tout ce que j’aurais aimé savoir à mes débuts : des choses que j’ai découvertes moi-même, mais surtout ce que d’autres planteurs expérimentés, les « vets », m’ont appris au fil des ans. J’ai adopté certaines méthodes et j’ai adapté les autres. Certaines choses sembleront évidentes, mais je les inclus quand même. Tout ne sera pas clair au début ; certains passages ne prendront leur sens qu’après plusieurs jours de reboisement. En fait, il y a beaucoup plus d’information ici qu’on ne peut en assimiler d’un seul coup. Je te conseille d’imprimer ce guide, de le garder comme référence et d’apprendre avec lui au fur et à mesure.


Je vais commencer par me présenter rapidement. Je travaille dans le domaine du reboisement depuis plus de vingt ans. J’ai planté en Ontario, partout en Colombie-Britannique et en Alberta, ainsi qu’un peu partout en Écosse. J’ai planté des millions d’arbres et terminé en tête de la production sur quelques contrats et dans quelques entreprises. Avant, j’essayais de prolonger mes saisons au maximum, souvent jusqu’à environ 200 jours d’ouvrage par année. Aujourd’hui, je dirige ma propre petite entreprise de reboisement et de services forestiers, et j’ai encore le plaisir d’enfiler mes sacs et de planter chaque année. Je ne suis ni le planteur le plus expérimenté ni le champion de production le plus rapide, mais je connais quand même assez bien le métier. Je suis donc certain que tu trouveras ici quelques conseils utiles. Tous les planteurs expérimentés ne seront pas d’accord avec toutes mes méthodes. Tu en adapteras sûrement plusieurs à ton propre style, et c’est très bien. Mon objectif est simplement de te donner une bonne base pour te lancer.


Il faut parfois se le rappeler, mais même le vétéran le plus bourru et le plus endurci a déjà été une recrue. Nous l’avons tous été. Alors nous comprenons. Garde ça en tête, ça te sera utile. En reboisement, il y a beaucoup de choses qu’on découvre avec l’expérience, mais beaucoup d’autres peuvent s’enseigner. Mon objectif est de te donner dès le départ toute l’information possible ; ensuite, le reste dépendra de toi. Avec cette information, de la pratique, du travail acharné et de la volonté, l’idée est de te mettre sur la voie de la réussite.


Un planteur professionnel qui réussit possède de nombreuses qualités. Au fil des années, j’en suis venu à les regrouper en cinq grandes catégories. Tout ce qui suit se rattache, d’une manière ou d’une autre, à ces cinq grands axes :


Efficacité

Régularité

Motivation

Discipline

Adaptation


Je vais expliquer chacune d’elles, puis présenter des conseils, des méthodes et des stratégies en y revenant tout au long du guide. Dès le début, il est aussi essentiel de prendre de bonnes habitudes. S’obliger à répéter certains gestes jusqu’à et les ancrer profondément permet d’en faire une seconde nature, aussi naturelle que de respirer. Les bonnes habitudes sont donc un autre fil conducteur de ce guide. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je veux insister sur la toute première chose à apprendre, et sur l’habitude la plus importante à acquérir :


Apprends à bien planter tes arbres


Apprends ce qu’est un arbre bien planté, quelles sont les exigences de qualité propres à ton contrat et ce qu’on attend de toi. Apprends à le faire correctement. Parle à ton contremaître. Pose des questions. Il n’y a pas de question stupide ; la seule question stupide est celle qu’on ne pose pas. Même si certaines sont assez drôles ! Tu dois être vraiment fier de ton travail. Sache que tes arbres vont pousser et vivre longtemps, en santé. Comme on dit : « Ça prend autant de temps de bien planter un arbre que de le planter comme de la merde. » Si tu sais que tu plantes bien, tu n’as pas à t’inquiéter. Et si tu plantes toujours correctement, toute ta pratique te rendra meilleur à bien planter. C’est l’habitude la plus importante. Ton grand-père avait raison : tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.


Tu devrais être presque arrogant tellement tu es sûr de la qualité de tes arbres. Dès qu’un arbre est en terre, oublie-le. Tu sais qu’il est bien planté : passe au suivant. Tu devrais déjà penser au prochain, ou à celui d’après. BAM ! Un bel arbre. Au suivant. BAM ! Un bel arbre. Au suivant. Pour aller vite, tu dois avoir confiance dans tes arbres.


Les exigences varient légèrement d’un contrat à l’autre, mais les bases restent généralement les mêmes. Un arbre bien planté présente les caractéristiques suivantes :


• Il est bien droit.

• La partie verte est vers le haut.

• Le dessus de la motte est recouvert.

• La motte est droite dans le sol.

• La motte n’est pas comprimée.

• Le sol est bien refermé et maintient le plant.

• Il n’y a pas de poche d’air.

• Le plant n’est pas enfoui au point d’enterrer les branches latérales les plus basses.

• Il est planté dans du sol minéral ou dans de la matière organique suffisamment décomposée pour se déformer et s’étaler quand on la presse.


L’espacement et la densité peuvent varier énormément d’un contrat à l’autre. Le meilleur moyen de les maîtriser est d’entraîner ton œil. Au début, fais des parcelles, ou « plots ». Beaucoup, beaucoup de plots. Ne te contente pas de regarder et de compter les arbres : regarde toute la surface de la parcelle. Quelle superficie couvre-t-elle ? Quels sont tes espacements minimaux ? Le terrain est-il plat ou en pente ? Observe la disposition des arbres quand ta parcelle est conforme. C’est comme regarder des dés : tu n’as pas besoin de compter les points un par un pour reconnaître un cinq ou un six. Tu reconnais immédiatement la disposition.


Il n’est pas difficile de distinguer une personne de cinq pieds cinq pouces d’une personne de six pieds. Il faut simplement entraîner ton cerveau à faire la même estimation à l’horizontale.


Si tu lis ceci avant d’avoir commencé à planter, la densité désigne le nombre de tiges par hectare prescrit pour ton bloc ou ton contrat. Par exemple, 1 400 tiges par hectare signifient que tu plantes des « sept » : dans un cercle de 3,99 mètres de rayon, soit le rayon d’une parcelle, on doit trouver sept arbres, habituellement espacés d’au moins deux mètres. Pour vérifier la densité, on fait tourner une corde de 3,99 mètres autour d’un point fixe, souvent une pelle, puis on compte les arbres à l’intérieur du cercle. Si tu veux vraiment t’exercer avant la saison, fabrique une corde, trace le cercle et place, par exemple, sept bouteilles de bière dans différentes configurations, en les espaçant d’au moins deux mètres.


Fais preuve d’imagination pour visualiser la densité. Parfois, j’imagine des élastiques attachés à mes arbres : j’en plante un, je m’étire jusqu’au suivant, puis je parcours le terrain comme une toile d’araignée. Trouve ce qui fonctionne pour toi. L’essentiel est de trouver ce qui fonctionne pour toi.


Une fois que tu sais bien planter tes arbres, tu peux commencer à penser à gagner de l’argent, à accélérer et à travailler sur les cinq grands axes.


Efficacité


C’est le grand principe. Le saint des saints. Le temps est ton ennemi. Le temps est ton ami. Le temps, c’est tout ; alors chronomètre tout. Porte une montre. Dans absolument tout ce que tu fais, demande-toi comment aller plus vite avec moins d’effort, moins d’énergie et moins de mouvements. Toujours apprendre, toujours s’améliorer.


Quand tu arrives sur le bloc, as-tu déjà tes bottes aux pieds, prêt à partir ? Es-tu déjà dans l’état d’esprit pour travailler ? Soulèves-tu ta pelle de deux pieds alors que quatre pouces suffiraient ? Une habitude capitale à prendre immédiatement : un plant en main ! Dès que tu entres sur le terrain, aie un plant en main. Dès que tu le plantes, prends le suivant. C’est le principal ralentissement des recrues : réussir enfin à ouvrir le trou sans avoir de plant prêt à y mettre.


Frappes-tu le sol à grands coups alors que le seul poids de la pelle suffirait à le pénétrer ? Ou tapotes-tu timidement un terrain où ta pelle devrait s’abattre comme le marteau de Thor ? Moins de temps, moins d’énergie, plus d’efficacité, plus d’arbres, plus d’argent.


Si tu t’arrêtes dans ta parcelle parce que tu n’as plus de ruban de marquage et qu’il faut changer de rouleau, profite de l’arrêt pour regarder devant toi, préparer ton trajet et repérer des endroits où planter. Devras-tu bientôt t’arrêter de nouveau pour changer de paquets de plants? Fais-le maintenant. As-tu soif ? Vas-tu t’arrêter dans quelques minutes pour boire, ou même pour uriner ? Regroupe tout.


Reste en mouvement, enchaîne les gestes et affine chacun d’eux pour qu’il serve directement la production. Fais plusieurs choses à la fois. Aucun détail n’est trop petit, trop pointilleux ou trop farfelu. Les secondes s’accumulent vite et le temps, c’est vraiment de l’argent. Nous reviendrons sur beaucoup de conseils d’efficacité.


Régularité


Un bon planteur pourrait régler sa montre sur ses chargements de sacs, et inversement. Un planteur constant maintient un bon rythme toute la journée, chaque jour. Tu ne veux pas t’épuiser un jour et être vidé le lendemain. C’est la même chose pour chaque chargement : une cadence constante, maîtrisée et dosée.


Avec le temps, dès ton premier chargement, tu devrais savoir presque à l’arbre près combien tu planteras au minimum dans la journée. Commence par une allure mesurée, puis trouve ton rythme. Augmente progressivement la cadence en gardant ta concentration et la qualité de ton travail. Si un arbre difficile casse ton rythme, accélère sur les trois suivants, puis reviens tranquillement à ta cadence.


Même chose pour les zones chargées de débris de coupe. Certains préfèrent les faire d’un seul coup pour en finir. Je comprends, mais je trouve parfois que ça ralentit énormément mon rythme. Si, par exemple, je répartis la zone encombrée sur trois chargements, je peux traverser ces passages sans m’épuiser et sans allonger mes temps de plantation par chargement.


Le rythme que tu trouves doit toujours te pousser un peu, sans te fatiguer excessivement, ni te brûler. Garde quand même un peu d’énergie pour le dernier effort de la journée : celui où tu n’as plus rien à perdre. Prends un peu plus d’arbres que tu penses pouvoir planter dans le temps qui reste, et termine-les !


Motivation


La motivation est parfois l’un des facteurs les plus difficiles. Au fond, utilise tout ce qui fonctionne, tout ce qui te fait avancer. Si me mettre un canard sur la tête et souffler dans un kazoo en pissant face au vent me faisait planter plus fort, je le ferais trois fois par jour.


Écoute de la musique qui t’inspire. Elle n’a pas forcément besoin d’être rapide : elle doit te donner envie de travailler. J’aime la musique qui me fait me sentir dur à cuire et indestructible pendant que je plante, comme Biggie Smalls ou Nine Inch Nails. Imagine que tu passes à la télévision. Ou qu’une jolie fille, un beau gars, ou la personne qui te plaît te regarde, peu importe de quel côté balance ta corde de plot.


Essaie de garder le moral autant que possible. AMUSE-TOI ! De toutes les façons possibles en travaillant. Les pensées négatives, les mauvais souvenirs et la déprime peuvent casser ton élan. Reste positif et concentré. Ruse avec toi-même s’il le faut.


Ton chargement semble interminable et lourd ? Concentre-toi plutôt sur la surface à couvrir : choisis un point au loin et fonce vers lui comme une machine alimentée par les arbres. Une fois arrivé, choisis un autre point. Le terrain paraît sans fin ? Concentre-toi sur le fait de vider tes sacs. Il y a toujours des exceptions : beaucoup de planteurs vantent les mérites d’une bonne séance de reboisement alimentée par la colère.


Aie faim d’arbres. Sois compétitif : choisis quelqu’un de plus rapide que toi et essaie de le rattraper. Regarde-le planter et essaie d’en mettre deux pour chacun des siens. Charge plus d’arbres que lui et plante-les plus vite. Donne-toi envie de réussir.


Pourquoi plantes-tu ? Pour l’argent, le sentiment d’accomplissement, le plaisir, la nouveauté ou simplement la compétition ? Trouve ce qui te motive et pousse-le au maximum. Fixe-toi un objectif élevé. Voici un peu de philosophie d’affiche avec un chaton : vise la lune ; si tu la rates, tu finiras quand même parmi les étoiles.


Discipline


C’est facile de dire qu’on fera tout ça. Facile de dire qu’on ne prendra aucune pause, qu’on ne fumera pas avant d’avoir planté 1 000 arbres, ou qu’on ne retirera pas ses sacs de la journée. Le dire et le faire sont deux choses complètement différentes. Au bout du compte, ça dépend de toi. Il faut parfois être dur avec soi-même.


Souvent, réussir en reboisement signifie faire exactement le contraire de ce qu’on a envie de faire. Quand tu veux t’asseoir, recharge tes sacs. Quand il pleut à verse et que tu veux te cacher sous la bâche de la cache, tu vas avoir froid. Mieux vaut continuer à planter pour rester au chaud.


Il n’y a pas de clé secrète à la plantation. Il faut travailler vraiment, vraiment fort. Fixe-toi un objectif le matin, un objectif que tu veux dépasser. Que dois-tu faire pour l’atteindre ? Disons que tu vises 2 000 arbres et que tu en charges 250 à la fois. Il te faut huit chargements en neuf heures. Si tu plantes 250 arbres à l’heure, il te reste donc 7,5 minutes par pause à la cache. L’étape suivante, évidemment, c’est de le FAIRE !


Le sacrifice fait partie de l’autodiscipline nécessaire. Pour planter beaucoup, il faut sacrifier quelque chose : surtout du temps libre et, d’une certaine manière, ton corps. Mais si tu sacrifies la qualité pour aller vite, tu finiras simplement par replanter. À quoi sert de planter 3 000 arbres si tu dois passer les trois jours suivants à les refaire ? Autant planter 1 000 bons arbres et éviter de te sentir comme un imbécile pendant les reprises.


Les journées où je fais de très gros chiffres, je pense généralement au reboisement toute la journée. Si ton esprit vagabonde trop, c’est que tu as atteint une zone de confort : il est temps d’en sortir. Mouvement constant, amélioration constante.


Comment réagis-tu devant un défi ? Si tu te heurtes à un mur, vas-tu te lamenter ? Ou lui dire « Va te faire voir, le mur ! » et foncer à travers ? À toi de décider.


Adaptation


Tout change en plantation, tout le temps. Le terrain, les microsites, la météo, les vagues successives d’insectes piqueurs, la végétation, les exigences des contrats, les camps et même les membres de l’équipe. Chaque arbre est différent et présente un petit défi ou demande une méthode légèrement différente.


Apprends donc plusieurs façons de planter : refermer au pied — toujours avec ton premier pas vers l’arbre suivant —, à la main, à la pelle ; il m’arrive même de refermer avec le genou sur les monticules. Essaie différentes ouvertures : les coupes en C, la mise en terre directe. Tu auras peut-être même un de ces redoutables contrats avec décapage, où il faut enlever une plaque de débris de coupe ou d’herbe autour de chaque plant. Le feras-tu au pied, à la main ou à la pelle ?


Suis un planteur expérimenté de ton équipe et regarde-le travailler. Essaie de comprendre ses décisions au fur et à mesure. Observe sa technique et pose des questions. La plupart seront probablement heureux de t’aider, et ce sera vraisemblablement du temps bien investi.


Choisis ce qui est le plus proche, le plus rapide ou le plus fluide. On te demandera parfois de planter des « cinq » dans une bande le long de la lisière, des « sept » au milieu de ta parcelle et des « neuf » dans les zones brûlées. On ne sait jamais ce que le prochain donneur d’ouvrage imaginera comme méthode ou exigence.


Ton travail consiste à adapter le plant et ta méthode à chaque situation pour maximiser l’efficacité, donc les revenus, tout en relevant les nouveaux défis. Il faut pouvoir s’adapter sur commande.


La météo compte beaucoup. Le vieux dicton « Tu n’aimes pas le temps ? Attends cinq minutes » est ridiculement vrai. Tu joues avec la chance si tu n’as pas assez de couches de rechange, de vêtements de pluie, de crème solaire ou de chasse-moustiques.


Conseils divers


À la cache


Quand tu finis ton chargement et reviens à la cache, la première chose à faire est de remplir de nouveau tes sacs. C’est une des bonnes habitudes à ancrer. Ainsi, c’est fait : dès que tu es prêt à repartir, tes sacs le sont aussi.


Place à portée de bras tous les arbres que tu vas charger et commence par les plus éloignés. Tout est une question d’efficacité et de temps gagné. Garde aussi ton ruban, ton eau et ta boîte à déchets à portée de main, pour pouvoir boire et jeter tes emballages en même temps. Réduis toujours l’effort au minimum.


Si tu charges la même quantité chaque fois, deviens expert à cette tâche. Trouve comment placer les plants dans tes sacs, comment les sortir facilement, comment les faire tenir au mieux et les transférer le plus rapidement possible. Mets au point un système pour que chaque passage à la cache devienne automatique.


Quand on débute et qu’on avance lentement sur le terrain, le moyen le plus simple de gagner immédiatement du temps et de l’argent consiste malheureusement à faire des pauses très courtes à la cache, pour passer le maximum de temps à planter. Vise dix minutes au grand maximum, entre la sortie de ton bloc et le moment où tu y retournes.


Une pause à la cache reste une pause, mais pense à un arrêt aux puits dans une course. Le pilote ne sort pas prendre un café ou faire une sieste. L’arrêt fait partie de la course : le chronomètre continue. Fais ce dont tu as besoin aussi vite que possible et retourne sur la piste !


De toute façon, il vaut mieux ne pas trop manger d’un seul coup ni avoir l’estomac plein. De petites quantités, de petites doses d’énergie tout au long de la journée, valent mieux qu’un gros repas assis. Un estomac plein te ralentit.


Si tu fumes, essaie d’utiliser ta cigarette pour chronométrer tes pauses à la cache. Fais travailler tes cigarettes pour toi plutôt que contre toi. Prépare tes arbres, allume ta cigarette et termine tout ce que tu dois faire avant de l’avoir finie. Dès qu’elle est terminée, repars !


Gros ou petits chargements


Il n’y a pas une meilleure façon : ce sont simplement deux styles efficaces. Certains préfèrent de nombreux petits chargements. Ils sont rapides comme l’éclair à la cache, ne retirent jamais leurs sacs et n’utilisent souvent pas de bretelles pour garder leur liberté de mouvement. La pause à la cache les attire moins ; ils font leurs chiffres avec beaucoup, beaucoup de chargements.


D’autres chargent beaucoup pour s’assurer de rester longtemps sur le terrain. Mais les sacs sont bien plus lourds, et il faut pousser fort au début pour garder la cadence sans rester trop longtemps dans son bloc. Comme règle générale, je dirais que plus d’une heure et demie, c’est trop long, et moins de trente minutes, trop court. Si tu restes trop longtemps, tu te fatigues et tu ralentis tellement que l’intérêt du gros chargement disparaît. Si tu reviens trop vite, tu dépenses à la cache du temps et de l’énergie que tu pourrais consacrer au terrain. Cela dit, même une pause de quelques instants peut parfois fournir le petit regain d’énergie absolument nécessaire.


Planter vite ou marcher vite


Il y a deux grandes parties dans l’action de planter un arbre où l’on peut gagner du temps : la mise en terre elle-même et le déplacement jusqu’au suivant. Je crois fermement qu’au début, il faut d’abord apprendre un geste de plantation rapide et propre. Apprends à bien planter, puis à le faire beaucoup plus efficacement. Fais-tu cinq mouvements alors que trois suffiraient ? Examine tout. N’oublie pas : tu as toute la journée pour t’exercer.


Plus la mise en terre est rapide, plus tu peux prendre le temps de choisir tes emplacements, de garder la tête haute et d’avancer à une allure constante. C’est quand j’essaie de me précipiter entre les arbres que je fais davantage d’erreurs : trébucher, tomber, mal espacer, m’épuiser, rater de bons microsites ou m’acharner à décaper le débris de coupe alors qu’un coup d’œil autour de moi aurait révélé du sol déjà exposé juste à côté.


Avec un geste de plantation rapide et l’habitude de chercher les meilleurs emplacements, tu peux travailler à une allure fluide et régulière. Ensuite, quand tu es à l’aise, augmente la cadence pour faire encore de plus grosses journées : combine les deux.


Un de mes amis, qui plante beaucoup d’arbres, avance entre les plants par une succession très rapide de petits pas. J’ai toujours supposé que ces petits pas l’aidaient à ne pas trébucher. Tu veux rester juste en dehors de ta zone de confort, en accélérant par petits paliers. Accélère, puis rends le geste fluide. Accélère encore, puis retrouve la fluidité.


Repérer les bons emplacements


Une grande partie de la rapidité et de l’efficacité consiste à apprendre à choisir où planter. Difficile de planter vite si tu grattes sans cesse le débris de coupe et les branches pour trouver de la terre. Plus tu t’appliques à repérer de bons microsites, par exemple du sol minéral exposé, meilleur tu deviens.


Quand tu trouves un emplacement facile dans du sol minéral, observe les plantes qui y poussent, sa position par rapport à la souche, s’il est dans un creux ou sur une bosse, et ainsi de suite. Encore une fois, tu as beaucoup de temps pour t’exercer. Un petit fait agaçant : dans les terrains difficiles où le sol est rare, la végétation à épine et méchantes cachent souvent de la terre.


Les emplacements de sol minéral sont bons pour tout le monde : le planteur, l’arbre, le donneur d’ouvrage. Le sol dans lequel on plante le plus rapidement est généralement aussi bon pour l’arbre. Si tu ne fais que planter dans ces bons emplacements, tout le monde est content.


Cela dit, c’est difficile si tu essaies d’imposer ton espacement au terrain. Tu comptes alors essentiellement sur la chance pour trouver de la terre exactement où tu veux mettre ton arbre. Laisse le terrain t’indiquer où planter.


Imaginons que tu te trouves dans une zone qui semble contraignante. Commence toujours par le meilleur emplacement : le plus beau point surélevé avec de la terre exposée. En t’y rendant, repère le deuxième meilleur emplacement, ou le meilleur qui respecte la distance minimale. En allant vers ce deuxième « microsite », comme on dit, tu as déjà repéré le troisième. Continue à utiliser les meilleurs emplacements tout en gardant un œil sur ta ligne et sur la direction générale de ton parcours. Tu auras peut-être déjà planté cinq ou six arbres dans la surface d’un plot. Il te restera alors à chercher un peu pour placer le dernier.


Plante en opportuniste. Même en allant vers un emplacement choisi, tu peux apercevoir un endroit plus facile en chemin. Respecte-t-il l’espacement minimal ? La densité de la zone reste-t-elle conforme ? Plante-le ! Sois souple.


Regarde constamment autour de toi, comme un chevreuil nerveux qui surveille les prédateurs : cherche la terre, le chemin le long de ta ligne, les passages autour des débris et tes derniers arbres. Ça aide énormément à garder la cadence.


Quand tu sais planter la tête haute, tu peux affiner ton regard, et les exigences de qualité deviennent presque l’équivalent d’un terrain préparé. Le donneur d’ouvrage veut des points surélevés ? Facile : ce sont les premiers que tu remarques. Il veut que tu plantes le long des obstacles ? Même principe : les souches deviennent des monticules et les troncs couchés deviennent des tranchées.


Planter en ligne


Planter en ligne, c’est exactement ce que le nom suggère. Un pas, deux pas, un arbre. Et on recommence. La tête baissée, droit devant, sur une seule ligne. Seul et concentré.


Ce n’est pas toujours la meilleure méthode sur la durée quand le terrain contient des obstacles, des débris et d’autres éléments qui obligent à changer de stratégie. Mais dans du terrain facile, de la « crème », où tous les emplacements sont bons et où il n’est pas nécessaire de choisir, ou le long d’un chemin ou d’une limite facile — surtout sans besoin de ruban —, le reboisement en ligne peut produire certains des arbres les plus rapides.


Comme tu répètes exactement le même mouvement au lieu de t’adapter à différentes directions, tu peux affiner ton geste jusqu’à le rendre extrêmement rapide. Un dépôt direct dans le sol et dans ta poche. Chaque fois que l’occasion se présente, profites-en pour travailler ta rapidité de mise en terre. Souviens-toi : tu apprends et tu t’adaptes constamment.


Planter par petites zones « Area planting »


Planter par zones consiste à diviser ta parcelle en petits morceaux faciles à gérer, en utilisant des arbres tombés ou d’autres limites naturelles. Au lieu de franchir le même tronc à chaque passage, plante d’abord la zone devant lui. Ensuite, contourne-le et remplis l’autre côté, tout en régularisant ta ligne.


Je fais la même chose avec une zone brûlée dans ma parcelle : je la traite comme une seule unité. Je maximise d’abord son potentiel en reboisant au minimum d’espacement permis sur le pourtour, puis je remplis l’intérieur, en gardant toujours une façon d’en sortir. Une fois toute la zone terminée, je peux m’appuyer sur ses arbres pour espacer les suivants.


Cette méthode convient aussi très bien au reboisement opportuniste : choisis les meilleurs emplacements de la petite zone, organise ton espacement autour d’eux, puis passe à la suivante.


Profite au maximum de chaque endroit où tu passe. Supposons que, dans une zone encombrée, je doive me glisser dans un trou triangulaire entre des troncs. Après tous ces efforts pour y entrer, je ne vais pas n’y mettre qu’un arbre ! Je plante d’abord aux trois extrémités du triangle. Il y a peut-être même assez de place pour en mettre un au centre. En ressortant, je marque le tronc au ruban pour savoir que je n’ai plus à revenir à l’intérieur, puis je poursuis mon espacement à partir de ce repère.


Il m’arrive aussi de quitter volontairement ma ligne sur quelques arbres pour faire une « ligne fantôme » : une ligne sans arbres de référence de part et d’autre. Ensuite, je reviens sur moi-même pour remplir la petite poche ainsi créée. Si tu fais ça, veille à ne pas t’enfermer. Garde toujours une sortie.


Quand tu maîtrises bien la plantation par zones, tu as beaucoup moins besoin de ruban. Tu te souviens facilement de ce que tu viens de planter dans chaque mini-zone et il suffit d’en marquer les limites extérieures.


Le ruban de marquage


Si tu utilises du ruban, fais-le vite ! Beaucoup soutiennent qu’il est inutile, qu’on devrait voir ses arbres et que marquer fait perdre du temps. À mon avis, il faut savoir travailler aussi bien avec que sans ruban.


Quand tu suis ta ligne, ne cherche pas seulement le ruban : cherche aussi les arbres qu’il indique. Si tu vois les arbres avant le ruban, ou aussi facilement, arrête de marquer cette zone.


Le marquage devrait se faire pendant le bref déplacement entre deux arbres. Il doit s’intégrer aux mouvements et ralentir le moins possible la cadence.


Un bon ami qui, très régulièrement, plante beaucoup plus que moi m’a récemment convaincu de préparer le ruban à l’avance. Avant, je plantais puis laissais le ruban derrière moi en repartant. Mais ce n’est pas parfaitement précis et le vent peut compliquer les choses.


Maintenant, je prends d’abord mon morceau de ruban, je le garde dans la paume, puis je prends mon plant en allant vers le prochain emplacement. Je plante et je lâche le ruban en me relevant et en repartant. Je ne perds pas de temps, ou presque, et le ruban se trouve exactement au pied de l’arbre.


Si tu te débats avec ton rouleau ou ta pochette, ne perds pas de temps. Cet arbre n’aura pas de ruban ; continue et marque le suivant. Marquer seulement ta ligne extérieure est aussi efficace. Par exemple, tu peux avancer sur une bande de trois arbres de large et ne marquer que le bord le plus éloigné.


Mets le ruban sur le dessus des souches pour qu’il soit visible de toutes les directions. Ne marque jamais les monticules ni les tranchées, sauf quand tu traverses les tranchées.


Gérer son bloc


Si tu gères mal ton terrain, je parie que tu peux travailler deux fois plus fort pour planter 1 000 arbres qu’un planteur expérimenté pour en planter 2 000. Et je ne crois même pas exagérer.


Première chose : plante le fond de ton bloc, la partie la plus éloignée du chemin ou de la cache. Rends-toi là-bas, remplis-la d’arbres et emporte assez de plants pour l’aller-retour. Comme toujours, il existe plusieurs façons de procéder.


La plus courante est le L, ou le 7. Tu plantes le long de ta ligne, puis le long de la limite du fond, ce qui forme un grand L ou un grand 7. Une fois arrivé à l’autre limite latérale, tu reviens le long de la ligne que tu viens de créer. Continue ainsi en allers-retours, avec ta ligne toujours du même côté, jusqu’à estimer qu’il te reste juste assez d’arbres pour rejoindre la ligne d’entrée et la suivre jusqu’à la cache.


Idéalement, tu plantes tout au long de chaque aller-retour, sans « marche à vide » : marcher sans planter, donc sans gagner d’argent.


Cela dit, je trouve que terminer trop tôt le terrain autour de la cache est toujours une erreur. J’essaie de le garder pour la toute fin. Lors de mes premiers chargements du matin, je marche donc quelques pas avant de commencer à planter. Rien d’extrême : juste quelques bonnes enjambées dans la parcelle jusqu’à trouver l’emplacement parfait pour le premier arbre. Ensuite, je pars. De cette façon, en fin de journée, je peux encore suivre une ligne depuis la même cache.


Je joindrai aussi quelques schémas simples de gestion du terrain. Une aide visuelle devrait rendre ces stratégies beaucoup plus faciles à comprendre.


Trouve ton style


Ta façon de penser et de bouger définit ton style et ce qui te convient. Appuie-toi sur tes tendances naturelles et développe-les.


Tu es grand avec de longues jambes ? Tu peux dominer dans les débris de coupe en les enjambant comme s’ils n’existaient pas. Tu es petit ? Aucun problème : tu peux te glisser dans des endroits inaccessibles aux autres et tu es toujours plus près du sol. Si tu restes bas et plantes plusieurs arbres sans te relever de ta position accroupie, tu peux les enchaîner très vite.


Comment bouges-tu naturellement ? Appuie-toi là-dessus. Tu as de bonnes hanches ? Tu préféreras peut-être te passer de bretelles. Tu es habile des deux mains ? Plante en ambidextre, bon sang ! Utilise les deux mains, passe la pelle de l’une à l’autre et prends des plants dans les deux sacs. Tu gardes ainsi la charge équilibrée et tu ne perds pas de temps à transférer des paquets. Je pense que beaucoup de planteurs expérimentés, s’ils recommençaient, essaieraient l’ambidextrie dès le départ.


Une méthode que je n’ai pas vue depuis longtemps : les sacs qu’on fait tourner. Pour ceux qui aiment les petits chargements légers et n’utilisent pas de bretelles, essayez de retirer le sac arrière. Quand un côté s’allège, une rotation des hanches permet de prendre les plants de l’autre côté. Des sacs réversibles !


Il existe aussi plusieurs styles de pelles. Certains aiment la pelle à manche droit. Son premier avantage : tout le manche sert de poignée, donc sa longueur utile peut être aussi courte ou aussi longue que tu veux. Dans les terrains rocheux, tu n’as même pas besoin de la tenir au moment du contact : tu la lances légèrement, la laisses glisser, relâches puis rattrapes. Elle permet aussi de tester des emplacements avant de les atteindre. Et elle fait une assez bonne lance !


D’autres aiment une longue pelle à poignée en D pour sa puissance, son appui pendant la marche et sa capacité à tester les emplacements de loin. Personnellement, je reste fidèle à la petite pelle rapide à manche court, la « cuillère ».


C’est évidemment mon opinion et mon style, mais je la choisis parce que je lui trouve des avantages. Pense au levier de vitesses d’un camion : il faut parcourir une grande amplitude pour effectuer les mouvements nécessaires. Une pelle courte ressemble plutôt au levier sportif d’une Porsche : de petits gestes rapides.


Certains disent qu’ils ne veulent pas se pencher aussi bas. Mais il faut déjà se pencher pour mettre l’arbre en terre : autant ouvrir le trou en même temps, puisque tu es déjà là. En plus, tu n’as pas à te tordre l’épaule quand tu plantes en remontant une forte pente.


Je n’ai jamais eu de tendinite — je touche du bois. Je l’attribue à ma prise toujours relâchée sur la pelle et au fait que, lorsque je frappe une roche, la force n’arrive pas perpendiculairement à mon poignet. Tout mon bras est aligné derrière la pelle, comme son prolongement, pour pousser dans le sol.


Bref, trouve ce qui te convient le mieux et développe tes aptitudes et tes tendances naturelles.


Planter à deux ou avec des partenaires


Quand on plante à deux ou à plusieurs, le savoir-vivre est essentiel. Tu ne peux pas traiter le bloc comme si il était a toi seul, puisqu’il ne l’est pas. Tu ne peux pas prendre pour toi toute cette belle zone brûlée facile : tu peux en prendre la moitié.


Sois attentionné envers ton partenaire. Plante de beaux arbres et laisse-lui assez d’espace pour travailler. Si tu t’approches trop, reviens de quelques arbres sur ta ligne avant de repartir, pour lui permettre de se dégager un peu de place.


Communiquez vos stratégies et la répartition des zones, mais rapidement. Par exemple :


Planteur 1 : « Ne traverse pas ce tronc, je peux remplir tout ce qu’il y a derrière. » Planteur 2 : pouce levé.


Quand deux planteurs se rencontrent sur une ligne, ils peuvent surtout faire deux choses : rebondir ou se croiser.


Rebondir signifie qu’au moment où vous vous rencontrez et plantez côte à côte, chacun repart sur sa propre ligne. Mais tapez-vous d’abord dans la main, évidemment : un peu de politesse !


Se croiser signifie qu’un planteur passe de l’autre côté de son partenaire et poursuit sur la ligne de celui-ci. Cela se fait généralement quand l’un entre dans le bloc et que l’autre termine ses sacs en retournant à la cache. C’est aussi utile quand un côté est beaucoup plus facile ou plus pénible que l’autre, afin que chacun ait sa part des deux.


Parfois, surtout à la fin d’un contrat, quand il ne reste qu’un ou deux blocs ouverts, on se retrouve dans ce qu’on appelle avec élégance un « cluster-fuck », un joyeux bordel collectif. On parle aussi de plantation en troupeau — n’oubliez pas de meugler ! Ça peut devenir confus et désagréable. Certains planteurs s’énervent quand d’autres arrivent derrière eux sur leur ligne. D’autres plantent leurs arbres sans le moindre souci du détail. Ceux-là sont des cons. Dans le jargon anglais, « slutting » désigne généralement le fait de planter vite sans souci de la qualité. Et on trouve toutes les situations entre les deux : ça peut vite tourner au chaos.


Mon meilleur conseil : trouve de l’espace. Si tu es plus rapide que la plupart des autres, tu peux peut-être passer devant et ouvrir la marche, mais il faut alors garder ton avance. Tu peux aussi te placer à côté de planteurs de ton niveau pour avancer ensemble en front. Enfin, que tu sois lent ou très rapide, tu peux toujours faire de grands allers-retours derrière le groupe et remplir ce qui reste.


Trouve ta place. Garde ton calme. Et plante ce butin de terrain comme le petit pirate de la terre que tu es.


Atteindre le zen


En plantation, il arrive de vivre des moments de clarté absolue. Tu es ancré dans le présent : il n’y a ni passé ni futur. Tu es dans l’instant présent. Tu respires des arbres : inspire, prends un plant ; expire, plante. Les athlètes appellent ça « être dans la zone ».


C’est une sensation formidable, portée par l’adrénaline. À la cache, mes mains en tremblent à un point incroyable. Et ça peut rapporter ! Tu peux faire des choses que tu croyais impossibles, comme planter un chargement en la moitié de ton temps habituel.


Avec la pratique, tu peux apprendre à atteindre cet état, à le provoquer ou du moins à le reproduire. Quand ça t’arrive, reconnais-le et essaie de retrouver les étapes qui t’y ont conduit, encore et encore.


C’est pour ça que les joueurs professionnels ont des sous-vêtements porte-bonheur. Trouve les tiens et use-les jusqu’à ce qu’ils puent !


Comment devenir le meilleur producteur


Facile : assure-toi qu’il soit absolument impossible que quelqu’un travaille plus fort que toi.


Pour terminer


Voilà pour l’instant. Ça devrait largement suffire pour te mettre sur pied. Je pourrais continuer sans fin à ajouter de petits détails et d’autres sujets : le matériel, les blessures, les multiples usages du ruban, ce qu’est un « Man-Pon », et ainsi de suite. Mais je pense que c’est un tremplin suffisant pour commencer.


J’espère que ce guide t’auras été utile, qu’il t’aidera à gagner beaucoup d’argent et qu’il t’évitera à l’avance certaines surprises et difficultés. Ou qu’il t’aura au moins fait sourire.


Je te souhaite une excellente saison, une belle journée, un bon chargement, une bonne soirée de congé… tout ce que tu veux !


P.-S. Désolé pour tout ce jargon. Il y en a beaucoup, mais pose des questions quand tu ne comprends pas. Les gens seront heureux de t’expliquer.


Garde ton calme. — Chris


 
 

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